Au plus chaud de l’été, installé sous son tilleul, ayant peut-être même abusé d’un rosé de soif, Gilles Bordes Pages a cru bon de sonner la charge sur le moyen courrier ou plutôt sur les coûts du moyen courrier et surtout sur les coûts du PNT.
La comparaison entre Easy Jet ou Ryanair et Air France est-elle pertinente ?
Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage ! Et GBP de ressortir les vieilles recettes, celles des patrons d’antan : travailler plus, gagner moins. Tout cela est pitoyable.
La première force d’un syndicat, ce sont ses idées ! Pour redresser l’activité du moyen courrier le SPAF propose d’autres pistes.
Des pistes internes à Air France et des pistes externes.
Pistes internes :
FLUIDIFIER l’arrivée à l’avion
Depuis Paris, pas moyen de rejoindre un Terminal direct.
C’est le RER et le charme des arrêts banlieue.
Un projet à la hauteur des enjeux est en cours dans le cadre du Grand Paris. Autant dire pas pour demain.
La compagnie soutient ce projet … mais ne veut pas en assurer la maîtrise d’œuvre : d’une part ce n’est pas dans la tradition française des services publics, d’autre part, Air France ne veut pas le financer à la hauteur qui lui permettrait d’imposer un outil servant avant tout ses intérêts.
C’est pourtant ce qu’elle avait annoncé vouloir faire dans un dossier pas si éloigné : l’achat de TGV Air France pour alimenter le Hub.
Mais si son objectif n’est pas dans le seul intérêt de la desserte de CDG, il finira au pire comme le train d’Orly (et la fameuse gare de Pont de Rungis), au mieux comme l’Orly Val.
On aura le train qu’on aura payé mais pas plus. Il faut garder la maîtrise de ce projet sinon il sera construit avec d’autres objectifs.
Par ailleurs, nous sommes en concurrence avec des exploitants qui ont compris que le voyage doit être facile.
C’est le cas du train.
On réserve par Internet, on composte si on a le temps et on monte dans le train qui, avantage stratégique, part et arrive au centre ville.
C’est le cas aussi des transporteurs low cost. Ils partent des aéroports faciles, à taille humaine, dont justement la facilité compense - et au delà - leur éventuel éloignement des grandes métropoles.
A côté de ces atouts, nous avons CDG … qui s’est développé au jour le jour, sans vision d’ensemble, sans cohérence, avec sa multitude de terminaux ayant chacun leurs particularités. Et dans lesquels la compagnie subit les contraintes de tous, d’ADP et de ses prestataires, de la PAF etc.
La Compagnie paye des taxes et a, à peine, son mot à dire.
Mais aussi, la Compagnie a toujours considéré que l’on devait adopter sur moyen courrier un traitement du passager identique à celui du long courrier. Du coup, le ‘’temps de traitement ‘’ d’un pax MC est le même que celui d’un long courrier pour un temps de vol beaucoup plus réduit. Cela réduit l’avantage compétitif que constitue la vitesse de l’avion.
C’est une erreur ! Il faut revoir ce dogme.
S’agissant des low cost, pour faciliter le traitement sol des passagers (et réduire les coûts sol) celles-ci ont poussé à la création d’aérogares également low cost (Lyon, Marseille), qu’Air France a dénoncée.
Etait-ce le bon chemin à suivre ? Nous avions déjà fait part de cette interrogation.
Le passager vit très mal le parcours du combattant qu’il doit franchir pour atteindre son siège dans l’avion.
L’avion apparaît aujourd’hui comme une succession d’épreuves désagréables.
A l’enregistrement, les banques multi vols qui mélangent le Pau de 13h et le Perpignan de 13h15, si elles réduisent le nombre de banques ouvertes, font monter l’adrénaline dans les files d’attente. De plus, il n’y aucune ‘’économie’’ réelle de personnel puisque si l’on ferme des banques, on dégage des agents pour ‘’faire passer devant’’ les passagers du vol dont la HLE approche.
Aucun gain de personnel, mais mécontentement du passager garanti !
Faire du ciel le plus bel endroit de la terre ?
Passé ce premier obstacle, place au contrôle de sûreté.
Là, c’est le délire total.
Les agents chargés de la sûreté sont aussi désagréables qu’ils sont mal payés, ceci expliquant sans doute cela.
Ils appliquent sans discernement aucun les directives du Préfet adaptées à la menace maximum. De plus le Préfet s’en fout royalement ou n’a pas conscience de l’usine à gaz puisque quand il prend l’avion, il shunte tout le merdier. En plus, comme les mesures de sûreté ont un coût, on réduit les équipes chargées des contrôles et on allonge les files d’attente.
Non seulement on inflige à nos passagers un parcours pénible, mais en plus on part en retard.
Justement, parmi les pistes internes il y a la ponctualité. Les retards sont une cause de stress pour les passagers et une grosse cause d’insatisfaction.
Il faut retrouver de la ponctualité, à CDG d’abord puisque c’est la que se concentrent nos plus grosses difficultés.
La croissance et la complexité croissante liée au Hub avaient pu servir de prétexte à nos maigres performances dans ce domaine.
Alors que la crise est là, on ferait mieux de dégager des compétences pour améliorer nos procédés que d’organiser des pans de départs volontaires. Ceux-ci verront partir les anciens, ceux qui savaient pourquoi on partait à l’heure ...avant.
On continuera de partir en retard mais on sera 1500 de moins à la savoir. Belle promesse !
Enfin, dernière mesure interne : taux de perte bagage ZERO !!!!!
Ensuite, il y a les pistes externes :
Trouvez vous normal que pour aller de Paris à Marseille le billet HT coûte moins cher que la journée de parking ADP ?
Il est plus rentable de couler 10 m₂ de béton que de faire voler des A320. Le produit le plus noble (le voyage aérien) n’est pas rémunérateur tandis que les services annexes jouissent d’une rente confortable.
Effet collatéral, les passagers comme les entreprises en ont marre d’être les vaches à lait !
Compte tenu de son importance dans l’économie ADP, nos dirigeants n’ont-ils pas les moyens de négocier des places de parking à tarif raisonnable et en ligne avec la part du service que le parking représente par rapport à la globalité du voyage ?
Ensuite, il faut réfléchir à la pondération de la taxe sûreté par rapport au prix du billet.
Quels que soient les efforts consentis pour attirer les voyageurs vers l’aérien, le poids des taxes de sûreté par rapport au prix du billet plombe les efforts commerciaux. Il ya là une vraie difficulté dans la mesure où le traitement sûreté est identique - ce qui n’est pas contestable - entre le passager MC et le passager LC.
On peut envisager une discussion avec l’Etat pour atténuer l’effet taxe sûreté du billet MC, dont le montant devient dissuasif.
Le plus important nous semble-t-il dans l’ensemble de ces pistes de réflexion est de redorer le blason du voyage. Prendre un avion d’Air France doit redevenir un plaisir. Rien ne sert d’offrir un service à bord de qualité si les passagers subissent un calvaire avant d’y monter, et ce depuis le moment où ils ferment la porte de leur maison ou de leur garage.
Voyez-vous, Monsieur Bordes Pages, on ne partage ni vos idées, ni vos valeurs.
Toutes ces mesures que nous proposons sont à l’opposé de celles que vous préconisez.
Mais elles ont pour but de faire revenir les passagers sur nos vols.





