SPAF - Syndicat des Pilotes d'Air France

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Edito

Lettre ouverte

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Lettre ouverte
 
        
A Alexandre de JUNIAC
 
 
 
Monsieur le Président Directeur Général,
 
Tout d'abord, nous tenons à vous féliciter pour votre nomination à la tête de cette Compagnie qui nous est chère. 
On ne peut pas dire que vous arriviez au meilleur moment mais cela, vous le savez probablement déjà !
Ce que vous ignorez peut-être, tant il n’est pas certain que vos nouveaux collaborateurs vous en parlent au milieu de ces chiffres, courbes, déficits et autres taux de remplissage qui risquent de vous accaparer, ce sont les préoccupations des salariés que nous représentons.
 
C’est pourquoi nous aimerions vous parler des femmes et des hommes qui tous les jours font voler nos avions.
 
Depuis le crash du vol Rio-Paris, la population pilote va mal : ce crash n'a été que le coup de grâce qui a achevé une confiance déjà moribonde des pilotes envers leur Direction.
Quelques mesures ont été prises, beaucoup de projets essaient de retrouver cette confiance perdue. Mais rien n'y fait. Car tous ces projets n'ont été suivis que de décisions en trompe-l’œiltandis que les vieux démons laissent le juridique, le marketing ou la programmation décider en « pilotes ».
 
 
Dans le fameux rapport Colin, suite à l'accident de Toronto en 2006, le leitmotiv était « simplifier et donner du sens ».
L'organigramme (particulièrement celui de la sécurité des vols articulé autour de MM. Lichtenberger et Berthier) et l'historique des démissions de cadres pilotes vous donneront certainement une idée du manque de cohérence entre les mots et les actes.
 
Les changements opérés au sommet de notre Compagnie ne suffiront pas à corriger la trajectoire s’ils ne s’accompagnent pas d’une nouvelle prise de conscience.
Pour nous, aujourd’hui, le seul moyen d’améliorer la situation est simple : arrêtons de parler de sécurité des vols sans actes forts, arrêtons les Rapports et autres Audits d’étagère !
 
Il faut remettre enfin tous les pilotes au cœur du projet, « dans la boucle » et redonner du sens à la mission de leurs cadres qui, en ce moment, ne sont plus que de pathétiques pantins aux mains de divers services de la Compagnie.
 
Avant tout, il faut accepter de payer le prix de cette sécurité et redonner une réalité à la primauté de celle-ci.
La sécurité est la condition première de la pérennité d’Air France mais tout, au-delà de la communication officielle, montre l’oubli de cette exigence et la priorité laissée encore et toujours à une approche à courte vue des coûts.
 
Ainsi de l’inquiétant durcissement des règles d’utilisation sur une nouvelle base régionale.
Ainsi des arbitrages conduisant à faire voler des avions avec des systèmes ou des pièces compromettant la sécurité. Les exemples ne manquent pas : sondes Pitot, oxygène toilette, peinture cabine pour Boeing 747, systèmes d'alarme de décrochage sur Airbus, avions mal préparés au vol lors de la grève de la maintenance.
Etc.
 
Si ni la DGAC, ni le BEA, ni l'AESA ne remplissent leur rôle, que chacun dans la hiérarchie de cette Compagnie remplisse le sien et le remplisse bien.
 
C'est ce message clair et fort qu’il vous faut envoyer aux pilotes.
 
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président Directeur Général, l’expression de notre considération distinguée.
 
Le Bureau du Syndicat de Pilotes d’Air France

 

 

 

Faut-il encore se syndiquer ?

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Faut-il encore se syndiquer?
 
Le syndicalisme est un mouvement dont l’objet est de regrouper des personnes tirant leurs moyens de subsistance de l’exercice de leur profession, en vue de la défense de leurs intérêts. Il est apparu au XIXème siècle, en Grande-Bretagne, dans l’industrie, avant de se répandre dans le reste de l’Europe et dans les autres secteurs de l’économie.
Il n’y a, en France, que 8% de salariés syndiqués, beaucoup moins que dans les autres pays européens.
 
Si dans notre pays le taux de syndicalisation est plus élevé chez les pilotes que chez les autres salariés, il est proche de 100% dans les compagnies majors, en Europe ou aux Etats Unis. Mais si cela explique en partie leurs meilleures conditions de travail, de rémunération, de retraite, de GP, entre autres, qu’à Air France, cela démontre surtout qu’être syndiqué ne suffit pas. Encore faut-il l’être bien et s’engager collectivement.
 
A Air France, les pilotes non syndiqués ont longtemps justifié leur prise de distance par la multiplicité de syndicats. Cet obstacle est à présent écarté. Il ne reste en effet aujourd’hui dans notre Compagnie que deux syndicats légalement représentatifs des pilotes : ALPA et le SPAF.
Tout le monde connaît ALPA, né du rapprochement du SNPL et du SPAC.
Nous lui reprochons de soutenir la direction, au détriment de l’intérêt durable et bien compris des pilotes.
Ainsi, lors de pseudo négociation du projet «bases province», ALPA avait mandaté un cabinet pour vérifier l’intérêt économique du projet...tel que considéré par les managers et la DG. Il aurait d’ailleurs été étonnant qu’un tel cabinet parvienne à la conclusion que la réduction de l’assiette salariale PNT ne soit pas favorable à d’autres intérêts …que les nôtres.

Au SPAF, notre priorité est la sécurité des vols, que nous défendons sans compromission.
L’accord «base province», avec 7 levers très tôt par mois, pour des décollages à 6h30 et des TSV de 12h ne va malheureusement pas dans ce sens !
 
D’une façon générale, nous ne ratifions pas d’accords défavorables à la corporation. C’est pourquoi, effectivement, nous ne signons pas tous les accords proposés par la direction ou « négociés » par d’autres, aux seules fins d’occuper le champ syndical...
Plutôt que se limiter à ce constat, nous invitons les pilotes à réfléchir, à partir de nos prises de position et de nos revendications, à ce que pourraient être nos accords s’ils nous donnaient la capacité de les mettre au point.
Par ailleurs, c’est indépendamment de tout lobby, parti politique ou institution religieuse qu’au SPAF nous défendons l’intérêt des pilotes et aucun de nos dirigeants n’a obtenu ni convoité de poste de directeur à Air France en échange de leur signature, consacrant pour certains autres leur renoncement.
De nombreux pilotes expriment régulièrement leur exaspération devant les querelles entre syndicats, ce qui est parfaitement compréhensible.
Cependant, il est du devoir d’un syndicat de pilotes de dénoncer les attaques dont notre profession est victime. Ne pas le faire reviendrait à les cautionner.
 
Notre métier est attaqué de toutes parts, en effet, aujourd’hui comme hier.
M. Gourgeon, pour ne parler que de lui, n’a jamais caché son inimitié à l’égard des pilotes. L’accord base province, son dernier « succès » enregistré avec la complicité du SNPL a entre autres objectifs celui de nous diviser, pour mieux s’en prendre à nos intérêts collectifs.
Comme nous l’avions prédit, la Direction a fait savoir qu’elle projette de répandre le contrat base province à tout le MC, avant de s’attaquer à son tour au LC.
Nous sommes donc tous concernés, MC et LC, CDB et OPL.
Sans attendre des seuls bouleversements survenus au sommet de la Compagnie une meilleure considération et un changement radical dans la prise en compte de nos problèmes, il est urgent de s’unir afin de préserver une profession que nous aimons tous et que nous sommes fiers d’exercer.
Pour sa part, le SPAF a décidé d’œuvrer au meilleur regroupement possible des syndicats de pilotes, afin de vous défendre toujours plus efficacement.
 
En réponse à la question posée dans notre titre, nous vous encourageons aujourd’hui plus que jamais à vous engager dans la défense de votre métier et à rejoindre un syndicat qui représente véritablement vos convictions et vos intérêts.
La «négociation» du prochain accord collectif approche...avec de nouvelles et légitimes inquiétudes.

 

 

Qualif' à la place Calife

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Qualif’ à la place du Calife…
 
 
 
Traditionnellement, octobre est synonyme de plan de stages QT et lâchers CDB au sein de la Compagnie.
La commission paritaire s’est réunie le 3 octobre pour étudier ce fameux plan.
Force est de constater que les saisons se suivent et se ressemblent, la crise et le déplafonnement étant passés par là.
 
A la division 330/340, le constat est sans appel. La perte d’attractivité des rotations de ce secteur au bénéfice du B777 entraîne un fort transfert des plus anciens vers le 777.
Face à ce flux migratoire, la direction a décidé de mettre en place 28 QT OPL sur A330/340 pour pallier ces départs.
29 QT CDB sont prévues pour ce secteur.
 
Avec ses nombreuses ouvertures/transferts de lignes et ses escales séduisantes, le B777est devenu aussi « cher » que l’or… 38 QT OPL ont été maintenues sur les 42 initialement programmées.
Seulement 12 QT CDB alors que les cadences seront supérieures en moyenne à 75 HC cet hiver sur le secteur (CDB et OPL), la direction refusant de faire des QT supplémentaires.
 
Toujours aucune qualification sur B747…
 
Suite à la livraison de 2 A380 planifiée au printemps 2012, 9 QT CDB et 15 QT OPL sont au programme.
 
A la Division A320, 65 lâchers CDB sont prévus et pour les OPL, vingt embauchés vont être mis en stage (Cadets/EPL).
Où sont les 27 (dont 15 provenant des « régionaux ») prévus par l’accord Bases province ? Selon les effectifs, ils seraient bien embauchés mais mis en stage « plus tard » (sic !)
 
 
                    Dernier rang LCP PNT mis en stage
A380
B777
A330/340
A320
 413
 737
 1519
2302
2265
3281
 3624
-----
 
                      
 
 
 
Et le meilleur pour la fin… On nous répète depuis des lustres et tout particulièrement ces dernières années que les pilotes coûtent beaucoup trop cher à la Compagnie.
 
Eh bien, nous apprenons que notre très « cher » Chef de division A330/340 conserve sa fonction.
Monsieur Canler pourra ainsi continuer son « management de proximité » malgré sa recevabilité sur A380… mais payé A380, la direction ayant décidé de recourir à l’ « article 7 » de l’accord 2003-2005, ce à quoi elle avait renoncé depuis plusieurs saisons !
 
Peu après sa nomination, notre DG.OA et ses représentants s’étaient pourtant prononcés contre l’utilisation de cette disposition, qui permet à la Direction de maintenir sur un avion un PNT souhaitant partir sur un autre, moyennant quoi, pour faire simple, il lui est versé une rémunération correspondant à l’avion auquel il pouvait prétendre.
 
Chacun appréciera.
 
 
Le Bureau du SPAF
 

COMMUIQUE N°3

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Communiqué
 
Le 4 août 2011
                        REACTION AU TROISIEME RAPPORT DU BEA
 
Le Syndicat des Pilotes d’Air France (SPAF), après lecture du rapport d’étape n° 3 rendu par le BEA le 29 juillet 2011, estime nécessaire d'effectuer une mise au point au sujet de l’exploitation faite par le BEA des données figurant dans les boîtes noires.
Selon un dogme Airbus qui valait pour doctrine jusqu’à l’accident tragique de l’AF447, les airbus à commandes de vol électriques « ne pouvaient pas décrocher » ; cela explique que la procédure de sortie de décrochage, sur airbus, ait été si peu enseignée et placée dans des procédures de priorité secondaire non urgentes (Procédures Anormales Complémentaires). Depuis l’AF 447 tous les pilotes airbus d’Air France ont subi un entraînement spécifique.
 
Pour le Syndicat des Pilotes Air France :
1) C'est évidemment la panne primaire des pitots qui a conduit à mettre l'avion dans une situation irrécupérable. Plus personne n'en parle explicitement, pourtant c'est ce qui a tué les passagers et nos collègues...
 
2) Ces problèmes de pitots étaient connus depuis des mois, sinon des années. L'administration, au fait des multiples incidents, n'a pas fait son travail de prévention ; Airbus, consciente du problème, n'a pas pris ses responsabilités et la direction de la Maintenance Air France, a retardé le changement des pitots en cause pour économiser quelques euros.
 
3) La "logique" de l'alarme de décrochage qui, habituellement liée à l’incidence de l’avion chez la plupart des constructeurs, est chez Airbus, liée à la vitesse. Elle ne "marchait" plus en vitesse trop faible... Le BEA avait envisagé et annoncé une recommandation à ce sujet. L'intérêt national, les intérêts industriels en dépendant, ce point d’étape ne fait plus état de ce problème d'alarme, qui en fonctionnant de manière plus « académique » aurait sans doute aidé nos collègues à comprendre la situation.
4) Nous sommes en droit de nous demander en quoi un ministre des transports, diplômé en droit international, est-il qualifié, à ce stade, pour juger de la qualité du travail et des conclusions des enquêteurs sur un accident aérien et pour l’annoncer dans les médias ?
 
5) Bien des points de ce rapport sont "étonnants", le SPAF joint à ce communiqué de presse un dossier pour certains points que nous avons relevés.
 
6) Enfin, il est clair que « charger » les pilotes est la solution la plus économique pour le constructeur et l’exploitant. Il suffit de penser aux conséquences qu'auraient une mise en cause d'Airbus sur un carnet de commande dont le constructeur se félicite depuis des mois.
 
L’analyse d’un tel ensemble de données, dont beaucoup ne sont pas « que » techniques, mérite, selon nous, mieux que cela. L’ensemble des pilotes et pas seulement à Air France, s’est indigné de certaines omissions et certains raccourcis qui dénaturent la vertu affichée d’un tel rapport.
Pour le SPAF, clairement, cette enquête à charge a fait perdre toute crédibilité au BEA dont l'indépendance est remise en cause suite à la parution de ce rapport d'étape.
 
Annexe au communiqué de presse du Syndicat des Pilotes d’Air France (SPAF)
Concernant les paramètres présentés, nous déplorons :
- L’absence des informations affichées par l’écran du pilote aux commandes (PFD droit non enregistré).
- L'arrêt de la représentation synthétique graphique des évènements (elle-même incomplète : sans la poussée commandée et effective) à 2h11min 46s pour un enregistrement qui porte jusqu'à 2h14min28s (alors que l’ensemble des courbes est en fin de rapport).
- L'absence d'analyse sur les écarts très sensibles entres les différentes mesures fournies par les sondes d'incidences (l'AOA 1 notamment).
- Que la mise en roulis initiale, très prononcée à 4°/sec lors du débrayage du pilote automatique alors que le manche est au neutre reste inexpliquée (p.31) et sans analyse de la part du BEA.
- Le manque d'informations précises et factuelles sur les séquences de décrochage ; le « stall warning » (alarme décrochage) qui se déclenche très vite et qui disparaît aussi vite alors que l’avion est sur le point de décrocher puis, après le décrochage, l’alarme « stall » réapparaît seulement quand le pilote met une action à piquer et que l’avion dépassent les 60kt   => Cela ressemble à un décrochage « haute vitesse », ceci expliquant le biais de confirmation concernant la survitesse perçue par le PF (en l’absence de références de vitesse fiables).
 
Sans nous dire experts aéronautiques, ce qui n’est pas notre vocation, nous tenons aussi à relever certains points du rapport qui nous laissent dubitatifs :
 
 On peut lire, par exemple en p.21 : « En lois alternate ou directe, les protections en incidence de la loi normale se sont plus disponibles mais l’alarme de décrochage fonctionne. [...] Si les mesures de CAS des trois ADR sont inférieures à 60 kt, les valeurs d’incidence des trois ADR sont invalides et l’alarme de décrochage est alors inopérante. Ce fonctionnement est le résultat d’une logique qui considère que l’alimentation en air des sondes d’incidences doit être suffisante pour que la mesure soit fiable, notamment afin d’éviter de fausses alarmes au sol ».
Eviter une alarme décrochage au sol ? C’est le rôle de la logique sol/vol, pas d'un choix de cet ordre ! Et sinon qu’est-ce qui empêcherait une alarme dès 61noeuds en roulant pour décoller vers les 140 à 160 nœuds habituels (alarme dont on voit mal l’intérêt au sol par ailleurs !) ?
 
L’analyse par le BEA de la séquence après le débrayage des automatismes par l’avion suite au givrage des sondes pitots et l’analyse du pilotage par le PF (officier pilote en place droite) ne peut se faire avec les données fournies à ce PF par son écran puisque ces paramètres ne figurent pas parmi ceux enregistrées par la boîte noire. Ainsi, le BEA trouve satisfaisant « d’imaginer » ce qu’ont dû être les informations affichées sur l’écran du PF sur la base de celles affichées (on le sait, elles-mêmes erronées) par l’ISIS alors que de fortes divergences sont extrêmement probables dans ces conditions d’erreurs instrumentales induites par le givrage des sondes.
 
En outre, il est à noter qu’un nouveau système de secours en mode anémométrique dégradé (le BUSS = Back up speed scale) conçu avant l’accident de l’AF447 a été mis en service sur l’Airbus A380.
Dès lors, on peut se demander si la mise en place d’un tel système par Airbus ne vaut pas reconnaissance implicite des faillites latentes de l’architecture de la chaine anémométrique (des vitesses) et de la « logique » avion des airbus antérieurs. En effet, le BUSS ne s’appuie sur aucune nouvelle avancée technique mais sur des données disponibles à bord de tout avion, données que le constructeur n’avait pas prévu de rendre accessible de façon simple sur les A320/330/340 (informations inertielles et GPS synthétisées).
 
Alors que le BEA souligne la difficulté de reconstituer et de simuler la séquence de décrochage de l’AF447 (p.43 1.16.5.1), il recommande pourtant aux équipages de s’entraîner dans ce domaine, sachant qu’aucun simulateur existant à l’heure actuelle, à l'usage des pilotes, ne sait restituer de manière fiable et utile le comportement à haute altitude et à haute vitesse d’un avion évoluant à des incidences hors du domaine de vol connu ! Si aucun pilote ne refusera jamais une formation qui soit une plus-value à la sécurité des vols, il nous semble plus logique de réparer les insuffisances de la machine que de se réfugier dans une course à la formation en s’inspirant de scénarii toujours plus improbables.
 Le BEA ne semble pas non plus considérer à sa juste mesure la problématique de la charge de travail générée par le nombre d’alarmes considérables causées par la panne des trois ADR après le givrage des pitots et  la gestion de la saturation induite en simultané. A l’instant de la panne, l’écran d’alarme (Ecam) ne présente pas tout de suite la panne d'ADR ; celle-ci est « cachée » derrière ses conséquences (cf. p.47) : l'Auto Pilot off, l'ATHR off, le Stal Warning, le reac w/s det fault, TCAS fault, la Loi alternée, le ENG THR Lock et le Rudder Travel limit fault!!! Mais pas de recommandation du BEA (qui n’en est pourtant pas avare dans ce rapport) sur la priorité des messages Ecam à revoir par Airbus !
Le rapport mentionne aussi (p.75 dernier §) : « Le départ du commandant de bord s’est fait sans laisser de consignes opérationnelles claires, en particulier sur le rôle de chacun des deux copilotes »… Or, dans la configuration du vol AF447, l’opl PF à droite était le pilote aux commandes, donc en charge de la trajectoire et le copilote à gauche, PNF en charge de la radio et des check-lists éventuelles ; la répartition des taches s’imposait d’évidence du fait de la position des officiers pilotes et était donc parfaitement claire dans l’esprit de chacun d’eux : Le BEA semble d’ignorer ce que chaque pilote sait dans une configuration analogue.
Beaucoup de nos adhérents ont souligné différents aspects de ce rapport d’étape qui apparaissent critiquable ou douteux, notre syndicat ne peut (ni ne doit ?) balayer en quelques jours le travail qui a nécessité des semaines de travail aux équipes du BEA. Nous avons donc choisi de relever certains éléments pour démontrer qu’il y a des erreurs d’analyse et de jugement dans ce rapport d’étape tronqué, mais ce ne sont probablement pas les seules erreurs (même si cela ne veut pas dire non plus que tout est faux) !
 
Merci de votre attention
 
Le Bureau

 
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