SPAF - Syndicat des Pilotes d'Air France

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Edito

Transform 2015

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TRANSFORM 2015
 
PLAN DE DESTRUCTION MASSIF
 
 
La direction de la Compagnie a convoqué un CCE extraordinaire le 10 février 2012. Pour votre édification, nous vous livrons ci-après les extraits de l'ordre du jour concernant directement le PNT, établi sous la signature de M. CROS, Président du CCE.
 
Point 1 :
Information sur le projet de reconstruction d'un nouveau cadre conventionnel et de :
·       Dénonciation partielle de la convention d'entreprise commune
o   Titre 4, Chapitres 2 et 3
o   Titre 7, Chapitres 1, 2, 3 et 4
·       Dénonciation totale des conventions d'entreprise du Personnel Navigant Technique.
Point 2 :
Information sur le projet de reconstruction d'un nouveau cadre conventionnel et de dénonciation d'accords d'entreprise et d'établissement (selon les listes jointes) :
·       Personnels Navigants Techniques : accords selon liste 3 annexée
Point 3 :
Information sur le projet de dénonciation de l'usage suivant : Remboursement aux Personnels Navigants des indemnités kilométriques liées au transport domicile/lieu de travail sur la base du taux appliqué aux indemnités kilométriques de déplacement service.
 
Pilotes, syndiqués ou non, vous avez conscience que les conditions de la construction du contrat social n'ont pas été faciles, tout au long des décennies écoulées. Des combats ont été nécessaires. Alors que la direction démontre sa détermination et joue sur la peur, c’est par notre combativité collective que nous préserverons les acquis de la profession.
Vous devez soutenir vos syndicats et vous préparer à une très forte mobilisation face aux difficiles échéances qui nous attendent.
 
 
Cadre conventionnel et de dénonciation d'accords d'entreprise et d'établissement
Annexe 3 - Personnel Navigant Technique
16 mars 1971 et 23 juin 1971
Procès-verbal d'accord sur les principes du protocole relatif au PNT des Compagnies AF-IT­UTA
26 avril 1974
Procès-verbal de la commission de conciliation sur les principes devant déterminer les conditions d'utilisation du personnel navigant dans la région parisienne
05 décembre 1974
Protocole sur les conditions de travail et de rémunération du PNT affecté aux Caraïbes
05 janvier 1976
Accord relatif à la fonction pilotage sur les vols longue distance du réseau LC
22 décembre 1977
Procès verbal d'accord relatif aux congés 06 janvier 1978
Accord relatif à l'interprétation des dispositions réglementaires et contractuelles concernant l'attribution des temps d'arrêts et des repos
20 janvier 1978
PV relatif à la durée des congés du PNT 11 janvier 1979
Accord relatif au régime de travail et à la rémunération des instructeurs pilotes et des instructeurs mécaniciens navigants affectés au centre d'instruction du PNT
20 novembre 1979 et 12 février 1982
Avenant à l'accord du 05.12.1974 (Caraïbes) 22 décembre 1982
Constat de négociation portant sur la durée du travail
30 août 1983
Avenant à l'accord du 5 janvier 1976 relatif à la fonction pilotage sur les vols longue distance du réseau long courrier
24 mai 1984
Avenant à l'accord du 5.12.74 sur les conditions de travail et de rémunération du PNT affecté à la délégation générale caraïbes
9 août 1985
Constat de fin de négociations concernant l'interprétation des articles D 422-11-12 du CAC et des modalités d'application de certaines dispositions du PV du 16/03/1971
31 mai 1989
Protocole d'accord concernant les conditions de travail et de rémunération des PNT affectés sur moyen-courrier
13 décembre 1990
Protocole d'accord relatif aux contrats de qualification PNT
17 avril 1991
Avenant au protocole d'accord contrats de qualification PNT du 13/12/1990
02 septembre 1992
Protocole d'accord portant définition des conditions d'emploi du PNT en équipage à 2 sur avions long-courriers
1 er novembre 1993
Protocole Instructeurs - IAPL 08 mars 1996
Accord pour la mise en oeuvre à titre expérimental des règles d'utilisation du PNT
 
25 octobre 1996
Procès verbal relatif aux comités d'hébergement
20 mars 1997
Règles utilisation LC et MC 25 novembre 1997
Adaptation des règles d'utilisation 22 novembre 1999
Protocole Instructeurs et Contrôleurs (Annexes: lettres DP.GU 00.005/CM et 00.059/CM)
07 janvier 2000
Protocole d'accord contrats de qualification PNT
 
10 avril 2000
Protocole d'accord relatif aux règles de gestion applicables aux cadets titulaires de contrats de qualification
10 avril 2000
Protocole d'accord relatif aux règles de gestion applicables aux stagiaires pilotes cadets
1er février 2001
Avenant au protocole d'accord contrats de qualification PNT du 07 janvier 2000
8 mars 2001
Protocole d'accord relatif à l'introduction de l'A330 dans la flotte Air France dans le cadre d'une biqualification A340/A330.
21 mars 2001
Protocole d'accord d'aménagement et de réduction du temps de travail des pilotes
25 mars 2001
Procès verbal relatif aux comités d'hébergement 18juin 2001
Protocole Instructeur Contrôleur Pilote 26 octobre 2001
Avenant au protocole d'accord contrats de qualification PNT du 07 janvier 2000
21 décembre 2001
Accord Intermédiaire 30 avril 2002
Protocole d'accord sur les modalités d'application du passage en rémunération des heures créditées
06 février 2003
Protocole d'accord relatif aux règles de rémunération applicables aux PNT affectés aux Antilles
18juin 2003
Accord Collectif PNT 2003-2005 (pour les dispositions à durée indéterminée)
09 juin 2004
Avenant à l'accord collectif PNT 2003-2005 21 décembre 2004
Accord d'ajustement des règles de rémunération applicables aux PNT affectés aux Antilles
15 novembre 2005
Protocole d'accord relatif à la qualification A330/A340
05 mai 2006
Accord PNT 2006 (pour les dispositions à durée indéterminée)
23 juillet 2007
Plan de partage de la performance 23 juillet 2010
Accord relatif au traitement mensuel fixe des pilotes cadet.
 
En résumé, pour les Pilotes, cela veut dire que TOUS les accords régissant les conditions de rémunération et de travail sont dénoncés par la direction, à l’exception notable de l’accord base province, un indice qui en dit long…
Et cela concerne TOUS les Pilotes, du futur cadet au CdB A380 !
 
Pour information, les PNT ne sont pas les seuls visés. Dénonciations concernant les autres corps de métiers :
PNC : Convention d'Entreprise, large majorité des accords d'entreprise.
Personnels sol : Convention d'Entreprise partiellement (Titre 2 ch. 1 et 3, Titre 3 ch. 2, Titre 4 ch. 1 et 2), accord pour un développement partagé (12/04/99), tous les accords ARTT.
 
 
 
 
 
 
Avec ces dénonciations, la direction a choisi l’attaque frontale envers tous les salariés d’Air France.
 
Afin de permettre aux pilotes de lui signifier, ainsi qu’aux responsables du CCE, leur refus d’une telle politique sociale,
 
Nous vous donnons rendez-vous le vendredi
 
10 février à 9h30, en uniforme,
 
salle Max Hymans du siège à CDG.
 
De plus et comme par hasard, cette dénonciation intervient alors qu’est en discussion parlementaire une loi scélérate sur le droit de grève, acquis fondamental et constitutionnel de tout salarié français.
Ainsi, avec la complicité du gouvernement, la direction de l'entreprise se donne main libre pour attaquer de plein fouet les conditions d'emploi de ses salariés et particulièrement de ses navigants.
 
La direction paye pour voir !
 
Dans l’immédiat, les pilotes doivent lui donner un coup de semonce très clair :
 
Nous renouvelons notre appel à ce que tous les pilotes
 
suivent l’appel intersyndical à cesser le travail
 
du 6 février 00h01 au 9 février 23h59
 
Dans les mois à venir, les pilotes auront à montrer à la direction qu’ils sont prêts à se battre pour préserver leurs conditions de travail et de rémunération.
 
 
Tenons-nous prêts à une mobilisation sans précédent !

 

 

Projet de loi sur le droit de grève dans l'aérien : il faut répliquer !

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La proposition de loi « relative à l'organisation du service et à l'information des passagers dans les entreprises de transport aérien» est une attaque inacceptable du droit de grève des pilotes français.

Ce n'est pas la première. Rappelons en effet la suppression du droit de grève en escale. Les magistrats de la Cour de cassation avaient rendu un arrêt confirmant la possibilité de cesser le travail en escale ...décision qui n'était certes pas conforme aux attentes des employeurs de l'aérien et particulièrement de la Direction d'Air France. Qu'à cela ne tienne, la loi a tout simplement été modifiée afin de revenir sur le droit prononcé et d'interdire aux pilotes de commencer la grève en cours de rotation au départ d'une escale.

Aujourd'hui, certains députés ont choisi la voie d'une proposition de loi et le cadre de la commission du développement durable pour mieux faire passer le fameux « cavalier législatif » au plein galop, en évitant toute consultation sérieuse des partenaires sociaux comme il est prévu pour un projet de loi ou au sein de la commission économique et sociale.

- Ainsi certains députés et membres du gouvernement viennent-ils parler de « pacification» (sic) des relations sociales dans l'aérien tout en cherchant à éviter le dialogue, la contradiction et la confrontation ...à propos d'une loi qui en traite 1

- Ainsi le PDG d'Air France s'est-il exprimé en faveur du projet, au moment même où il annonçait la dénonciation unilatérale de nos Conventions, méthode agressive s'il en est!

Sur le fond de la question, disons en premier lieu qu'en bonne administration républicaine, les questions d'ordre public doivent être traitées par des dispositions d'ordre public et les questions d'ordre social par des dispositions d'ordre social. Au prétexte de régler des problèmes relevant de l'organisation et de l'information, le projet adopté en première étape par l'Assemblée nationale remet en cause les principes mêmes du droit constitutionnel. Ce droit intangible est précisé dans des dispositions légales ou réglementaires ainsi que par la jurisprudence, sans évidemment que ces précisions puissent venir le dénaturer ou, de fait, l'abolir. Parmi ces principes, celui de la possibilité dont doit disposer chaque salarié d'exercer son jugement dans une situation de conflit et d'user d'une liberté de participation à tout ou partie d'un mouvement d'arrêt de travail. La loi est-elle fondée à limiter ou entraver cette liberté fondamentale en imposant des périodes gelées? Notre propos n'est pas de préjuger d'une éventuelle lecture du Conseil constitutionnel sur le sujet. C'est à nous, pilotes, de nous faire entendre pour défendre notre droit.

Comptant également parmi ces principes, celui de l'obligation faite aux salariés de ne pas user de moyens abusifs pour exercer la grève ...mais aussi aux employeurs pour la contrer.

Celui, encore, de ne pas mettre un pilote non gréviste dans la position d'être substitué à son insu à un collègue gréviste! Or, le projet de loi institutionnaliserait de fait la substitution, au surplus de la déstabilisation générale des plannings, que voulait déjà instaurer dans notre Compagnie un Mémo « Traitement de la grève PNT " ...

Alors qu'Air France était une entreprise de service public sous Statuts, ses syndicats étaient soumis à une obligation de préavis légal. Depuis la privatisation, on a vu arriver un autre outil de prévention des conflits, de portée conventionnelle ...avec le succès que l'on connaît, charte sans esprit sincère de conciliation n'étant que ruine du compromis.

Voici désormais qu'on veut instaurer deux mesures phares, de portée légale, cette fois: 48 h de préavis pour se déclarer gréviste, 24 h pour pouvoir cesser la grève. La possibilité de compter les grévistes dans un créneau ouvert à proximité d'un conflit pervertirait totalement le sens de toute négociation, normale ou sous préavis. Où sont la cohérence et l'efficacité en termes de prévention des conflits? On arriverait même à une absurdité dans la situation de la négociation de fin de conflit, qui finalement imposerait 24 h de grève supplémentaires après signature d'un accord de sortie de crise, les grévistes ne pouvant reprendre le ïravail immédiatement!

Quand aux salariés qui ne préviendraient pas de leur participation à la grève, ils seraient passibles de sanctions disciplinaires, alors que l'obligation de l'entreprise de prévenir les passagers de l'état du trafic, si elle n'est pas respectée, n'est passible d'aucune sanction.

Avec l'application d'une telle loi, on verrait se creuser irrémédiablement le déséquilibre des forces, des droits et des devoirs. Le champ des compromis se réduirait, ce qui faciliterait immanquablement une dégradation du contrat social.

On l'a compris, ce n'est pas l'instauration d'un délai de prévenance collectif imposé aux syndicats qui est réclamé aujourd'hui au législateur, c'est bien une terrible restriction du droit de grève individuel! Ce sont ces questions qui sont aujourd'hui soulevées, ces principes qui sont bousculés de la pire manière, et c'est en substance ce que nous développons auprès des parlementaires, alors que le parcours législatif n'est pas achevé.

Suite à l'initiative prise par plusieurs syndicats PNC ainsi que par le SNPL, sans concertation avec d'autres syndicats de pilotes, nous avons invité dès le 28 novembre à une solidarité syndicale et corporatiste responsable.

Tout en renouvelant ce message, nous prenons aujourd'hui nos responsabilités et appelons tous les pilotes d'Air France à soutenir notre action.

 

Qualif' à la place Calife

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Qualif’ à la place du Calife…
 
 
 
Traditionnellement, octobre est synonyme de plan de stages QT et lâchers CDB au sein de la Compagnie.
La commission paritaire s’est réunie le 3 octobre pour étudier ce fameux plan.
Force est de constater que les saisons se suivent et se ressemblent, la crise et le déplafonnement étant passés par là.
 
A la division 330/340, le constat est sans appel. La perte d’attractivité des rotations de ce secteur au bénéfice du B777 entraîne un fort transfert des plus anciens vers le 777.
Face à ce flux migratoire, la direction a décidé de mettre en place 28 QT OPL sur A330/340 pour pallier ces départs.
29 QT CDB sont prévues pour ce secteur.
 
Avec ses nombreuses ouvertures/transferts de lignes et ses escales séduisantes, le B777est devenu aussi « cher » que l’or… 38 QT OPL ont été maintenues sur les 42 initialement programmées.
Seulement 12 QT CDB alors que les cadences seront supérieures en moyenne à 75 HC cet hiver sur le secteur (CDB et OPL), la direction refusant de faire des QT supplémentaires.
 
Toujours aucune qualification sur B747…
 
Suite à la livraison de 2 A380 planifiée au printemps 2012, 9 QT CDB et 15 QT OPL sont au programme.
 
A la Division A320, 65 lâchers CDB sont prévus et pour les OPL, vingt embauchés vont être mis en stage (Cadets/EPL).
Où sont les 27 (dont 15 provenant des « régionaux ») prévus par l’accord Bases province ? Selon les effectifs, ils seraient bien embauchés mais mis en stage « plus tard » (sic !)
 
 
                    Dernier rang LCP PNT mis en stage
A380
B777
A330/340
A320
 413
 737
 1519
2302
2265
3281
 3624
-----
 
                      
 
 
 
Et le meilleur pour la fin… On nous répète depuis des lustres et tout particulièrement ces dernières années que les pilotes coûtent beaucoup trop cher à la Compagnie.
 
Eh bien, nous apprenons que notre très « cher » Chef de division A330/340 conserve sa fonction.
Monsieur Canler pourra ainsi continuer son « management de proximité » malgré sa recevabilité sur A380… mais payé A380, la direction ayant décidé de recourir à l’ « article 7 » de l’accord 2003-2005, ce à quoi elle avait renoncé depuis plusieurs saisons !
 
Peu après sa nomination, notre DG.OA et ses représentants s’étaient pourtant prononcés contre l’utilisation de cette disposition, qui permet à la Direction de maintenir sur un avion un PNT souhaitant partir sur un autre, moyennant quoi, pour faire simple, il lui est versé une rémunération correspondant à l’avion auquel il pouvait prétendre.
 
Chacun appréciera.
 
 
Le Bureau du SPAF
 

COMMUIQUE N°3

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Communiqué
 
Le 4 août 2011
                        REACTION AU TROISIEME RAPPORT DU BEA
 
Le Syndicat des Pilotes d’Air France (SPAF), après lecture du rapport d’étape n° 3 rendu par le BEA le 29 juillet 2011, estime nécessaire d'effectuer une mise au point au sujet de l’exploitation faite par le BEA des données figurant dans les boîtes noires.
Selon un dogme Airbus qui valait pour doctrine jusqu’à l’accident tragique de l’AF447, les airbus à commandes de vol électriques « ne pouvaient pas décrocher » ; cela explique que la procédure de sortie de décrochage, sur airbus, ait été si peu enseignée et placée dans des procédures de priorité secondaire non urgentes (Procédures Anormales Complémentaires). Depuis l’AF 447 tous les pilotes airbus d’Air France ont subi un entraînement spécifique.
 
Pour le Syndicat des Pilotes Air France :
1) C'est évidemment la panne primaire des pitots qui a conduit à mettre l'avion dans une situation irrécupérable. Plus personne n'en parle explicitement, pourtant c'est ce qui a tué les passagers et nos collègues...
 
2) Ces problèmes de pitots étaient connus depuis des mois, sinon des années. L'administration, au fait des multiples incidents, n'a pas fait son travail de prévention ; Airbus, consciente du problème, n'a pas pris ses responsabilités et la direction de la Maintenance Air France, a retardé le changement des pitots en cause pour économiser quelques euros.
 
3) La "logique" de l'alarme de décrochage qui, habituellement liée à l’incidence de l’avion chez la plupart des constructeurs, est chez Airbus, liée à la vitesse. Elle ne "marchait" plus en vitesse trop faible... Le BEA avait envisagé et annoncé une recommandation à ce sujet. L'intérêt national, les intérêts industriels en dépendant, ce point d’étape ne fait plus état de ce problème d'alarme, qui en fonctionnant de manière plus « académique » aurait sans doute aidé nos collègues à comprendre la situation.
4) Nous sommes en droit de nous demander en quoi un ministre des transports, diplômé en droit international, est-il qualifié, à ce stade, pour juger de la qualité du travail et des conclusions des enquêteurs sur un accident aérien et pour l’annoncer dans les médias ?
 
5) Bien des points de ce rapport sont "étonnants", le SPAF joint à ce communiqué de presse un dossier pour certains points que nous avons relevés.
 
6) Enfin, il est clair que « charger » les pilotes est la solution la plus économique pour le constructeur et l’exploitant. Il suffit de penser aux conséquences qu'auraient une mise en cause d'Airbus sur un carnet de commande dont le constructeur se félicite depuis des mois.
 
L’analyse d’un tel ensemble de données, dont beaucoup ne sont pas « que » techniques, mérite, selon nous, mieux que cela. L’ensemble des pilotes et pas seulement à Air France, s’est indigné de certaines omissions et certains raccourcis qui dénaturent la vertu affichée d’un tel rapport.
Pour le SPAF, clairement, cette enquête à charge a fait perdre toute crédibilité au BEA dont l'indépendance est remise en cause suite à la parution de ce rapport d'étape.
 
Annexe au communiqué de presse du Syndicat des Pilotes d’Air France (SPAF)
Concernant les paramètres présentés, nous déplorons :
- L’absence des informations affichées par l’écran du pilote aux commandes (PFD droit non enregistré).
- L'arrêt de la représentation synthétique graphique des évènements (elle-même incomplète : sans la poussée commandée et effective) à 2h11min 46s pour un enregistrement qui porte jusqu'à 2h14min28s (alors que l’ensemble des courbes est en fin de rapport).
- L'absence d'analyse sur les écarts très sensibles entres les différentes mesures fournies par les sondes d'incidences (l'AOA 1 notamment).
- Que la mise en roulis initiale, très prononcée à 4°/sec lors du débrayage du pilote automatique alors que le manche est au neutre reste inexpliquée (p.31) et sans analyse de la part du BEA.
- Le manque d'informations précises et factuelles sur les séquences de décrochage ; le « stall warning » (alarme décrochage) qui se déclenche très vite et qui disparaît aussi vite alors que l’avion est sur le point de décrocher puis, après le décrochage, l’alarme « stall » réapparaît seulement quand le pilote met une action à piquer et que l’avion dépassent les 60kt   => Cela ressemble à un décrochage « haute vitesse », ceci expliquant le biais de confirmation concernant la survitesse perçue par le PF (en l’absence de références de vitesse fiables).
 
Sans nous dire experts aéronautiques, ce qui n’est pas notre vocation, nous tenons aussi à relever certains points du rapport qui nous laissent dubitatifs :
 
 On peut lire, par exemple en p.21 : « En lois alternate ou directe, les protections en incidence de la loi normale se sont plus disponibles mais l’alarme de décrochage fonctionne. [...] Si les mesures de CAS des trois ADR sont inférieures à 60 kt, les valeurs d’incidence des trois ADR sont invalides et l’alarme de décrochage est alors inopérante. Ce fonctionnement est le résultat d’une logique qui considère que l’alimentation en air des sondes d’incidences doit être suffisante pour que la mesure soit fiable, notamment afin d’éviter de fausses alarmes au sol ».
Eviter une alarme décrochage au sol ? C’est le rôle de la logique sol/vol, pas d'un choix de cet ordre ! Et sinon qu’est-ce qui empêcherait une alarme dès 61noeuds en roulant pour décoller vers les 140 à 160 nœuds habituels (alarme dont on voit mal l’intérêt au sol par ailleurs !) ?
 
L’analyse par le BEA de la séquence après le débrayage des automatismes par l’avion suite au givrage des sondes pitots et l’analyse du pilotage par le PF (officier pilote en place droite) ne peut se faire avec les données fournies à ce PF par son écran puisque ces paramètres ne figurent pas parmi ceux enregistrées par la boîte noire. Ainsi, le BEA trouve satisfaisant « d’imaginer » ce qu’ont dû être les informations affichées sur l’écran du PF sur la base de celles affichées (on le sait, elles-mêmes erronées) par l’ISIS alors que de fortes divergences sont extrêmement probables dans ces conditions d’erreurs instrumentales induites par le givrage des sondes.
 
En outre, il est à noter qu’un nouveau système de secours en mode anémométrique dégradé (le BUSS = Back up speed scale) conçu avant l’accident de l’AF447 a été mis en service sur l’Airbus A380.
Dès lors, on peut se demander si la mise en place d’un tel système par Airbus ne vaut pas reconnaissance implicite des faillites latentes de l’architecture de la chaine anémométrique (des vitesses) et de la « logique » avion des airbus antérieurs. En effet, le BUSS ne s’appuie sur aucune nouvelle avancée technique mais sur des données disponibles à bord de tout avion, données que le constructeur n’avait pas prévu de rendre accessible de façon simple sur les A320/330/340 (informations inertielles et GPS synthétisées).
 
Alors que le BEA souligne la difficulté de reconstituer et de simuler la séquence de décrochage de l’AF447 (p.43 1.16.5.1), il recommande pourtant aux équipages de s’entraîner dans ce domaine, sachant qu’aucun simulateur existant à l’heure actuelle, à l'usage des pilotes, ne sait restituer de manière fiable et utile le comportement à haute altitude et à haute vitesse d’un avion évoluant à des incidences hors du domaine de vol connu ! Si aucun pilote ne refusera jamais une formation qui soit une plus-value à la sécurité des vols, il nous semble plus logique de réparer les insuffisances de la machine que de se réfugier dans une course à la formation en s’inspirant de scénarii toujours plus improbables.
 Le BEA ne semble pas non plus considérer à sa juste mesure la problématique de la charge de travail générée par le nombre d’alarmes considérables causées par la panne des trois ADR après le givrage des pitots et  la gestion de la saturation induite en simultané. A l’instant de la panne, l’écran d’alarme (Ecam) ne présente pas tout de suite la panne d'ADR ; celle-ci est « cachée » derrière ses conséquences (cf. p.47) : l'Auto Pilot off, l'ATHR off, le Stal Warning, le reac w/s det fault, TCAS fault, la Loi alternée, le ENG THR Lock et le Rudder Travel limit fault!!! Mais pas de recommandation du BEA (qui n’en est pourtant pas avare dans ce rapport) sur la priorité des messages Ecam à revoir par Airbus !
Le rapport mentionne aussi (p.75 dernier §) : « Le départ du commandant de bord s’est fait sans laisser de consignes opérationnelles claires, en particulier sur le rôle de chacun des deux copilotes »… Or, dans la configuration du vol AF447, l’opl PF à droite était le pilote aux commandes, donc en charge de la trajectoire et le copilote à gauche, PNF en charge de la radio et des check-lists éventuelles ; la répartition des taches s’imposait d’évidence du fait de la position des officiers pilotes et était donc parfaitement claire dans l’esprit de chacun d’eux : Le BEA semble d’ignorer ce que chaque pilote sait dans une configuration analogue.
Beaucoup de nos adhérents ont souligné différents aspects de ce rapport d’étape qui apparaissent critiquable ou douteux, notre syndicat ne peut (ni ne doit ?) balayer en quelques jours le travail qui a nécessité des semaines de travail aux équipes du BEA. Nous avons donc choisi de relever certains éléments pour démontrer qu’il y a des erreurs d’analyse et de jugement dans ce rapport d’étape tronqué, mais ce ne sont probablement pas les seules erreurs (même si cela ne veut pas dire non plus que tout est faux) !
 
Merci de votre attention
 
Le Bureau

 
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